31 mars 2009 Quand frogier fait peur aux électeurs

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Au moment où j'écris ces lignes, nul ne sait encore si Pierre Frogier inscrira le texte sur les signes identitaires à l'ordre du jour du Congrès avant la fin de la mandature. Pourtant nous sommes élus jusqu'au 9 mai prochain et nous serons payés jusqu'à cette date. 

Pourtant, avant le renouvellement du bureau du Congrès, je l'avais interrogé à ce sujet et il m'avait donné l'assurance qu'il le ferait. Pour leur part, les élus de l'Avenir Ensemble souhaitent aller jusqu'au bout des réformes pour lesquelles ils ont été élus. Tel du texte sur l'emploi local dans le secteur privé. Le calendrier est un peu plus serré puisque l'on attend l'avis du Conseil d'État. Mais ces dispositions ont fait l'objet d'un accord entre les partenaires sociaux et sont très attendues par la population. La vérité, c'est que Pierre Frogier joue la montre... Il attend le 10 Mai, espérant être en position de faire obstacle à ces textes au lendemain du scrutin. Rien n'est moins sûr ! À l'approche des élections, le RPCR a toujours joué sur la peur de l'autre, n'hésitant pas à utiliser le rappel des événements douloureux que nous avons vécu, haussant le ton, provoquant le durcissement des discours indépendantistes, tout cela pour effrayer les électeurs afin d'en regrouper un maximum sous son aile. Pourtant les choses ont changé et cette tactique risque de se retourner contre son auteur, car les électeurs pourraient bien, cette fois-ci avoir peur... de Pierre Frogier ! 

Après avoir annoncé la tenue d'un référendum dès 2014 pour purger l'indépendance, il déclare maintenant qu'il en a « marre » du consensus. Et là, effectivement, il y a tout à craindre d'un référendum où le vainqueur imposerait sa loi au vaincu... Électeurs attention ! Car si le Rassemblement gagne ces élections, on peut être certain que Pierre Frogier en déduira que les Calédoniens ont approuvé son idée de référendum purge et son « ras-le-bol » du consensus. C'est un vrai danger pour l'avenir. Dans notre pays, où certains voudraient nous faire croire que le clivage entre indépendantistes et partisans de la France se résume à la distinction entre kanak et non-kanak, il n'y a pas d'autre voie que le consensus et pas d'autre issue qu'un nouvel accord négocié. C'est ce que propose l'Avenir Ensemble qui pratique la collégialité tous les jours depuis 2004 au sein du gouvernement. Nous n'imaginons pas que sur une question aussi fondamentale et aussi sensible, une majorité, quelle qu'elle soit, puisse imposer sa loi à une minorité sans compromettre la paix. Seul le consensus permettra la construction sereine d'une société où chacun aura sa place.

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