23 mai 2009 Harold Martin élu président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie

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" Cette stabilité est aujourd'hui possible parce que je l'ai déjà recherchée et obtenue en 2007, grâce à l'accord-cadre formalisé avec le Rassemblement UMP ; un accord qui visait au regroupement de la famille non-indépendantiste, un accord établi en toute transparence, sur une ligne politique claire, pour une Nouvelle-Calédonie, dans la France et dans la paix. Deux ans après, ce qui avait pu être mal compris par certains, avec la force de l'exemple et des progrès accomplis, les esprits -même les plus réfractaires et les plus critiques- ont intégré ce besoin d'ordre institutionnel en Nouvelle-Calédonie. Car, c'est bien cette sérénité, qui est le moteur du développement économique et de la paix civile, que nous avons connu ces dernières années ".

Harold Martin

C'est dans un hemicycle rempli par un public attentif, boulevard Vauban, qu'Harold Martin a été élu président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie ce vendredi 22 mai 09, lors d'une séance où seul Jacques Lafleur était absent. C'est donc sous la présidence de la doyenne d'âge - Evelyne Lêques - que s'est déroulé le scrutin. Nous vous proposons  ci-dessous l'intégralité du discours prononcé à cette occasion par Harold Martin : 

Messieurs les Parlementaires, 
Messieurs les Présidents de Province,
Mesdames et Messieurs les Elus du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, 
Mesdames et Messieurs les membres de l'administration, 
Mesdames et Messieurs,  

Je salue également le public et les représentants de la presse,

Permettez-moi quelques mots ce matin, au moment de recevoir cette responsabilité de Président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Une responsabilité que je mesure parfaitement puisque je l'ai assumée une première fois il y a de nombreuses années, en 1998,  mais surtout, plus récemment, de juillet 2004 à juillet 2007. Je tiens immédiatement à remercier celles et ceux qui viennent de me témoigner leur confiance à l'occasion de ce vote. Sachez, que je saurai être à votre écoute. Vous pouvez compter sur toute ma détermination pour faire fonctionner le mieux possible, avec vous et avec tous, cette noble institution.   

Qu'il me soit aussi permis de saluer Rock WAMYTAN, candidat présenté par le FLNKS, qui recueille sur son nom, le plein des voix indépendantistes de cette institution. Rock WAMYTAN, que je connais depuis si longtemps, acteur de l'évolution de notre pays et signataire de l'Accord de Nouméa. Ce vote d'aujourd'hui, au Congrès, s'inscrit dans le processus de renouvellement de nos institutions, consécutif aux élections provinciales du 10 mai, une semaine après les élections de présidents et vice-présidents de provinces, et quelques jours, avant celui qui déterminera la composition du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Un renouvellement qui se déroule dans les conditions de stabilité institutionnelle, stabilité à laquelle j'avais solennellement appelé avant, et tout au long, de la campagne électorale. Je constate donc, le sens de la responsabilité politique, dont nous faisons collectivement preuve, depuis dix jours, toutes sensibilités confondues, indépendantistes et non-indépendantistes,

  • un sens de la responsabilité qui répond à la volonté profonde des Calédoniens de voir l'ensemble de leurs élus travailler au service du pays et de l'intérêt général, une fois le temps passé de la division, qui affaiblit ;
  • un sens de la responsabilité qui correspond, en réalité, à la définition même de l'action politique au sens noble, c'est -à-dire  la gestion apaisée des conflits, des alliances et des rapports de force, à l'échelle de toute une société.

En effet, la politique, et nous avons payé cher pour le savoir, ici, en Nouvelle-Calédonie, c'est bien le vivre ensemble, dans la paix, sur une même terre.

Cela suppose des règles communes, une bonne volonté pour un destin commun. Cela suppose des institutions solides, et un exercice raisonné de ces institutions. Cela suppose des confrontations pour conquérir la légitimité d'exercer ces responsabilités, mais des confrontations que l'on sait concilier.

Cela suppose aussi, des compromis, qui ne soient pas des compromissions ; des compromis qui respectent l'équité, Cela suppose enfin, de savoir se mettre d'accord sur la façon de trancher les désaccords, ce qui est l'essence même du fonctionnement démocratique. C'est ce chemin que nous ont montré les accords de Matignon il y a vingt ans.  C'est ce que réclame constamment l'application, dans son esprit et dans sa lettre, de l'Accord de Nouméa, qui régit l'évolution de la Nouvelle-Calédonie et sa gestion au quotidien.

C'est tout le sens de l'action politique dans laquelle je crois. Celle que nous avons mise en œuvre depuis 2004 à l'AVENIR ENSEMBLE, et que j'ai menée à la présidence du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ces deux dernières années, à travers l'exercice de la pleine collégialité.  Je tiens d'ailleurs à saluer particulièrement, à cet instant, le parfait esprit et le travail, dont ont fait preuve mes collègues au gouvernement, ainsi que les membres indépendantistes de cette équipe gouvernementale, et à rendre un hommage particulier à l'action de la Vice-Présidente, Déwé GORODEY.  Je tiens également à remercier le Haut Commissaire, Yves DASSONVILLE, pour son efficacité dans son action au quotidien, pour une Nouvelle-Calédonie, plus sereine et plus juste et son engagement en faveur de l'Accord de Nouméa, qui est notre feuille de route à nous tous.

Permettez-moi de remarquer une dernière chose, avant de conclure : 

L'AVENIR ENSEMBLE concoure loyalement à la stabilité institutionnelle de notre pays, avec un sens aigu de la responsabilité, depuis le lendemain de l'élection. Cette stabilité est aujourd'hui possible parce que je l'ai déjà recherchée et obtenue en 2007, grâce à l'accord-cadre formalisé avec le Rassemblement UMP ; un accord qui visait au regroupement de la famille non-indépendantiste, un accord établi en toute transparence, sur une ligne politique claire, pour une Nouvelle-Calédonie, dans la France et dans la paix.

Deux ans après, ce qui avait pu être mal compris par certains, avec la force de l'exemple et des progrès accomplis, les esprits -même les plus réfractaires et les plus critiques- ont intégré ce besoin d'ordre institutionnel en Nouvelle-Calédonie. Car, c'est bien cette sérénité, qui est le moteur du développement économique et de la paix civile, que nous avons connu ces dernières années. C'est bien la confiance des Calédoniens, mais aussi celle des investisseurs et de l'Etat français, dans notre capacité à nous unir, pour l'intérêt supérieur de la Nouvelle-Calédonie, qui nous permet d'avancer et de faire face aux grands enjeux qui nous attendent. C'est une satisfaction pour moi, la satisfaction du précurseur, en quelques sortes, satisfaction, dont, bien sûr, je n'ai pas l'exclusive paternité... Je constate donc aujourd'hui que ce type d'accord-cadre a été renouvelé, entre le Rassemblement-UMP et Calédonie Ensemble, pour la province Sud.

Je continue d'appeler de mes vœux, avec la même détermination que ces dernières semaines, au regroupement complet, des quatre formations de notre famille, représentées ici, au Congrès, dans le cadre d'un projet politique, économique et social partagé. J'apprécie déjà que nous puissions faire liste commune pour les élections des vice-présidents. Un regroupement à l'image de ce que les partis indépendantistes savent faire, lorsque le besoin l'impose, à travers le FLNKS, dont j'ai bien noté la recomposition, lors de ces élections provinciales.

Eviter l'éparpillement du camp indépendantiste, ne nous y trompons pas, concoure aussi à la stabilité institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie. Ainsi à terme, je le souhaite, nous pourrions être pleinement dans le schéma politique et dans l'esprit de l'Accord de Nouméa : signataires indépendantistes et signataires non-indépendantistes regroupés, dans leur légitimité respective, avec l'Etat, le  troisième partenaire de l'Accord.

La tradition républicaine veut que l'on salue son prédécesseur, alors, mon cher PIERRE, je le fais de bon cœur et te souhaite bon courage dans tes nouvelles fonctions. Le temps des discours est passé. Il faut nous mettre au travail : de nombreux défis nous attendent. Relevons-les ensemble.

Vive la Nouvelle-Calédonie.
Vive la France.

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