15 janvier 2010 Vœux du Haussaire : 2014 se décide maintenant

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Le Haut-Commissaire de la République, Yves Dassonville, a présenté (mercredi 13 janvier) ses vœux aux Calédoniens.

Dans une allocution que nous vous proposons de découvrir, il rend hommage aux signataires de l’Accord de Nouméa et leur demande de ne pas attendre 2014 pour se préoccuper de la suite. Il s’est par ailleurs félicité du vote unanime sur les transferts de compétences au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, soulignant au passage : « Rien n'était gagné d'avance, en 2007, quand je suis arrivé en Nouvelle-Calédonie ; et je voudrais féliciter les forces politiques, héritières de l'Accord de Nouméa, d'avoir su trouver les compromis ».

 « Je retiendrai dans cette prise de parole quelques temps forts de l'année écoulée. D'abord, bien entendu, les élections aux assemblées de provinces et au Congrès. Elles se sont bien passées, sereinement, même s'il a fallu s'y reprendre à deux fois pour les îles Loyauté, mais enfin, là, l'État n'y était pour rien. L'organisation des pouvoirs qui résultent de ces élections montre une maturité certaine du corps électoral, mais aussi des partis calédoniens. Dans les provinces et au gouvernement, des exécutifs cohérents sont en place, permettant un bon fonctionnement des administrations et, permettant surtout, d'aborder de manière constructive cette mandature fondamentale qui court jusqu'en 2014. Je suis convaincu que tout ou presque va se jouer dans les années à venir.

La maturité, l'esprit de responsabilité de chacun vont être fortement sollicités dans la continuité des chemins tracés par les Accords de Matignon et l'Accord de Nouméa. La Calédonie peut et doit réussir à trouver sa voie, à deux conditions, de nature politique. La première, c'est que les partisans du maintien dans la France, d'un côté, ceux qui souhaitent l'indépendance, de l'autre, continuent à se parler et même, se parlent encore davantage. La seconde condition, c'est qu'au sein de chaque camp, ceux qui ont eu le courage de signer l'Accord de Nouméa fassent prévaloir entre eux un minimum de cohérence et se gardent de ceux qui voudraient les entraîner dans un combat aventureux d'un autre temps.

L'État, lui-même signataire, continuera à accompagner, à faciliter les démarches qui permettront de construire une Calédonie émancipée, quelle que soit la forme de cette émancipation.

Deuxième point fort de cette année, c'est le vote des premiers transferts de compétences. Rien n'était gagné d'avance, en 2007, quand je suis arrivé en Nouvelle-Calédonie. Les choses paraissaient même assez compliquées. Je voudrais féliciter les forces politiques, héritières de l'Accord de Nouméa, d'avoir su trouver les compromis qui ont permis un vote unanime.L'État en Nouvelle-Calédonie a été la cheville ouvrière de ce résultat contre des vents pas toujours favorables.

Ces transferts sont votés. Il reste à les mettre en œuvre. La pugnacité des élus calédoniens a permis que leurs coûts financiers soient, non pas compensés, mais plus que compensés. Tant mieux. L'exigence, maintenant, est, non pas de maintenir la qualité du service public, mais de l'améliorer : plus de moyens, plus de résultats.

Vous voyez, c'est un langage très Sarkozy. Je souhaite, notamment en ce qui concerne l'enseignement, que l'on s'occupe de cette jeunesse en échec scolaire qui reste sur le bord du chemin, sans repères, livrée aux démons de l'oisiveté, de la drogue et, finalement de la délinquance.

Troisième temps fort de cette année, c'est la réussite à Sciences Po Paris de deux jeunes Kanakes. Deux jeunes lycéennes kanakes des lycées du Grand Nouméa et de Poindimié, Céleste Merempon et Megan Wadriako vont être admises à Sciences Po Paris. Elles ont bénéficié d'un système d'admission de convention d'éducation prioritaire qui existe en Métropole et que nous avons réussi à importer en Nouvelle-Calédonie, à peu près tel quel. Et je vais être très clair à ce sujet : si Céleste et Megan ont réussi, ce n'est pas parce qu'elles sont kanakes. Si elles ont réussi, c'est grâce à leur talent, à leur travail, à leur motivation et, grâce aussi à une mobilisation exemplaire des équipes enseignantes.

Mais au-delà de la réussite de deux jeunes filles, c'est l'ensemble de leurs établissements qui a été tiré vers le haut. Désormais, chaque lycéen, quelle que soit son origine, à Nouméa comme à Poindimié ou à Wé, doit pouvoir se dire : pourquoi pas moi ? Je remercie de leur soutien dans cette opération, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, les provinces et la SLN. Ce dispositif pour lequel nous nous sommes battus au haut-commissariat doit maintenant s'étendre et devenir un projet pays.

Voici, chers amis, quelques réflexions que je souhaitais partager avec vous, en ce début d'année. Mais je sais qu'une question fait l'objet de toutes les conversations : quand part-il ? Certains sont impatients, d'autres me font l'amitié de l'être un peu moins. Quand part-il ? Eh bien, je vais vous faire, ce soir deux confidences. La première, c'est que je suis en mesure de vous confirmer que je partirai un jour. La seconde, c'est que chaque minute qui passe me rapproche de cette échéance.

Vive la Nouvelle-Calédonie ! Vive la France ! »

Yves Dassonville

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