05 février 2010 Y. Dassonville : « La voie du dialogue, avant 2014 ! »

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Les Nouvelles Calédoniennes publient (jeudi 4 février) une importante interview du haut-commissaire de la République réalisée par Henri Lepot.

A la suite logique des propos du Président de la République et à quelques semaines du Comité des signataires, Yves Dassonville prône le dialogue, l’ouverture de discussions sur la sortie de l’Accord de Nouméa et salue l’initiative d’Harold Martin sur la mission Christnacht.

Interrogé par les Nouvelles sur la sortie de l’Accord de Nouméa, Yves Dassonville revient sur les récents propos de Nicolas Sarkozy : « Dans ses vœux aux Français d’Outre mer, le Président de la République a parlé d’autodétermination. Ce n’est pas un terme neutre. Cela veut dire que les consultations auront lieu, comme prévu par l’Accord de Nouméa. Il a dit aussi qu’il fallait, bien avant 2014, instaurer une discussion entre Calédoniens, afin que la consultation prévue se traduise par un résultat approuvé à une très large majorité ».

« Ce n’est pas pour autant qu’on s’engagera dans un référendum couperet », souligne le Haussaire. Pour lui il existe forcément des solutions originales capables de concilier « la volonté d’accéder à la souveraineté » chère aux indépendantistes et « le souhait des non indépendantistes de voir leur destin lié à la France ». A ce propos, il note aussi que « le discours du Rassemblement a beaucoup évolué, entre 2007 et aujourd’hui ». Et, selon lui,  « il n’y a pas d’autre voie que le dialogue et la recherche d’une solution. Je suis assez optimiste », ajoute-t-il.

L’occasion pour Henri Lepot d’évoquer la mission d’Alain Christnacht proposée par le président du Congrès, Harold Martin. « Je connais bien entendu Alain Christnacht, avec qui je discute, répond Yves Dassonville, parce qu’il a une connaissance que peu d’autres ont de la Nouvelle-Calédonie et de la logique des accords. Son expertise, son implication, sa connaissance des hommes me paraissent indispensable. Cette initiative est celle d’Harold Martin, dit le Haussaire. Ceci dit, ses compagnons du pacte républicain n’étaient pas tout à fait prêts à l’accepter. »

Aussitôt interrogé sur le pacte républicain (qui réunit le Rassemblement, Calédonie Ensemble et l’Avenir Ensemble) et la tentation qu’auraient certains à écarter une formation, Yves Dassonville est formel : « C’est un pacte à trois parce qu’il faut bien rassembler ses forces de chaque côté. S’il devient un pacte à deux, les forces sont tout simplement insuffisantes ».

On le sait, Yves Dassonville connait les fondamentaux des accords : « L’Accord de Nouméa a été fondé sur une logique de blocs, même si les blocs se sont un peu diversifiés depuis. Si dans chaque camp on ne sait pas s’unir et parler d’une voix commune, ça ne marche pas. C’est vrai du côté non-indépendantiste, comme c’est vrai du côté indépendantiste ». Et le Haussaire d’ajouter : « Il est de l’intérêt de l’Accord de Nouméa, de l’Etat et de tout le monde que le FLNKS fonctionne et soit plus cohérent. On a besoin d’un camp indépendantiste organisé, d’un camp non-indépendantiste organisé. Sinon, on ne sait plus comment travailler ».

Une interview qui se lit comme la feuille de route pour l’ordre du jour du prochain Comité des signataires Un Comité des signataires que la voix de l’Etat prédit très politique, centré sur les discussions de sortie. Ce à quoi travaille l’Avenir Ensemble depuis bien avant les élections...

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