14 octobre 2010 Départ du haussaire : Réaction sans concession du président MARTIN

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Après avoir moult fois salué, encouragé et loué les mérites d’Yves Dassonville, le haut-commaissaire qui a ramené l’ordre républicain en Nouvelle-Calédonie, Harold Martin a vivement réagi à l’annonce de son départ.

Manquements à « l’impartialité de l’Etat » : « subtile dérive vers une indépendance molle » ; abandon d’une Calédonie « au milieu du gué » ; oubli du calendrier des discussions de l’après-Accord et impréparation de son successeur, Albert Dupuy, nommé pour 18 mois… : les griefs du président du Congrès à l’égard du représentant de l’Etat ne manquent pas. La presse s’en est faite l’écho : à travers un article paru sous la plume de Philippe Frédière dans Les Nouvelles Calédonienne du 12 octobre et le même jour sous la forme d’une interview sur les ondes de RRB. En voici des extraits :


Un glissement vers les indépendantistes

« J’ai salué à plusieurs reprises le travail accompli par Yves Dassonville pour restaurer l’État, rétablir l’ordre public, et faire avancer l’accord de Nouméa. Je l’ai redit lors de la visite de François Fillon, admet Harold Martin. Mais voilà, le haut-commissaire s’est mis à faire de la politique. D’une certaine façon, c’est ce qu’on lui demandait. Mais pas au point de prendre parti, et de prêcher l’indépendance de manière subtile. Quand il parle ouvertement, dans la presse et à la radio, de souveraineté partagée, il sort de son rôle d’arbitre pour prôner une certaine forme d’indépendance. C’est inacceptable. L’État doit être un partenaire actif, et néanmoins neutre. On pourrait presque dire qu’il était temps qu’Yves Dassonville s’en aille ! »

Harold Martin - LNC - 12 oct. 2010


L’impartialité de l’Etat

« Lorsque le ministre de l’Outremer Christian Estrosi a dit publiquement sa préférence pour une Calédonie française, les indépendantistes, mais aussi le président de la province Sud de l’époque Philippe Gomès, avaient publiés des communiqués rageurs pour rappeler l’Etat à son devoir d’impartialité… »

Harold Martin - Entretien avec LNC - 12 oct. 2010


Retard dans le calendrier des discussions

« Depuis le comité des signataires, aucun signe n’est venu augurer d’une prochaine constitution du comité de pilotage des travaux préparatoires aux discussions sur l’après-2014. Nous avions déjà pris six mois de retard, puisque le comité des signataires aurait dû se tenir en décembre 2009, et non en juin 2010. Mais c’était rattrapable à condition de s’y mettre aussitôt. Au lieu de quoi le haut-commissaire a pris ses vacances, puis a préparé sa mutation. »

Harold Martin - LNC - 12 oct. 2010

…Ce matin, un communiqué paru dans la presse annonçait que le Haussaire, certainement piqué sur cette affaire, réunirait le Comité de pilotage sur les discussions de l’après-Accord ainsi que celui sur la stratégie industrielle et minière la semaine prochaine…


Yves Dassonville a pipé les dés de la discussion

« La discussion qui doit démarrer, que moi j'appelle de tous mes vœux depuis très longtemps, ne doit pas s’ouvrir sur la base de l'indépendance. Si on doit commencer à discuter comme ça, ce sera sans moi ! De plus, si on ne fait pas les uns et les autres, l'effort nécessaire pour trouver la solution avant 2014… après 2014, il y aura plus de solution. Ces discussions sont à mener maintenant. Mais, il ne faut pas partir sur des bases erronées. La base de la discussion, ce n'est pas l'indépendance. C'est certainement pas ça ! »

Harold Martin - RRB - 12 oct. 2010

Albert Dupuy : un haussaire pour 18 mois

« Le successeur d’Yves Dassonville n’est pas un expert du dossier calédonien. Comment voulez-vous qu’un homme qui découvre la Calédonie et ses hommes, quels que soient ses mérites, puisse rapidement mettre en place un comité sur les discussions, trouver les bons équilibres entre les uns et les autres pour l’animer utilement ? Il lui faudra probablement six mois pour y parvenir, voire plus. »

Harold Martin - LNC - 12 oct. 2010

« Albert Dupuy risque de ne faire qu’un court séjour en Calédonie. Il a eu 63 ans en février dernier et sera automatiquement mis à la retraite en février 2012, le jour de ses 65 ans. En clair ce nouveau haut-commissaire n’est là que pour un an et demi, alors que nous entamons une période cruciale. Nous hériterons ensuite d’un autre haut-commissaire, trois mois avant l’élection présidentielle. Un homme qui n’osera probablement pas faire grand-chose avant le soir du second tour de la présidentielle, en mai 2012.»

Harold Martin – interview sur RRB et entretien LNC - 12 oct. 2010

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