| Un geste pour ouvrir les discussions avec les indépendantistes… |
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Il
y a 20 ans c’était les événements, un pied dans la guerre civile. Depuis 1988 –
Matignon – depuis 1998 – l’Accord de Nouméa – c’est la paix, la prospérité, le
développement. Que chacun mesure le chemin parcouru. J’ai l’habitude de dire
que c’est une formidable belle histoire que l’histoire de ces 22 dernières
années.
Pourtant
après la poignée de mains entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou beaucoup
n’y croyaient pas, notamment dans notre camp, celui des partisans de
Par
cette proposition du drapeau Pierre Frogier créé les conditions du dialogue et
de la discussion avec les indépendantistes. C’est un gage d’ouverture posé sur
la table des négociations qui s’apparente pour moi à un geste fort pour
introduire des discussions avec notre partenaire local.
Je
salue donc cette initiative et j’insiste sur ce point. Quand il s’agit de
l’avenir de
Et
puis enfin, le Calédonien que je suis, viscéralement attaché à cette terre,
sait aussi aujourd’hui qu’un pavillon hissé aux côtés des couleurs de la
République, est bien peu de choses en regard de la préservation et de la
pérennisation de la paix. La paix, cette condition impérieuse, chacun le sait,
pour mener à bien le chantier du destin commun.
Je
comprends, bien sûr, que le débat sur le drapeau soit vécu de façon
émotionnelle par certains parce que le drapeau du FLNKS est un drapeau
historiquement et politiquement très chargé. S’il faut cependant passer par ce
geste du drapeau pour ouvrir les négociations, nous le ferons sans hésiter.
Cela ne veut pas dire qu’il faille renoncer à l’idée d’un drapeau commun, consensuel
et exprimant le vivre ensemble.
En
1988 et en 1998, lors des accords, chacun a fait des compromis. Des compromis
qui n’étaient pas des compromissions. Alors, bien évidemment, il y aura de
nouvelles concessions à faire, c’est cela une négociation.
D’autres
questions d’importances se poseront avec plus d’acuité encore. Je pense par
exemple à la définition de la future citoyenneté : qui et comment devient-on
citoyen calédonien ou encore au futur corps électoral.
Un
comité des signataires doit se tenir à Paris à la mi-avril, ce doit être pour
moi, l’occasion d’une discussion politique.
Pour
s’y préparer, je propose dès à présent que les signataires de l’Accord de
Nouméa se retrouvent localement, dans les meilleurs délais, ce qui permettrait
des discussions déconnectées des passions, afin de définir à la fois l’ordre du
jour politique du prochain Comité des Signataires mais aussi le calendrier des
futures discussions sur notre avenir institutionnel, c'est-à-dire sur le
processus de sortie de l’Accord de Nouméa.
Aujourd’hui,
en ce début de mandature, l’horizon est dégagé : la modification de la loi
organique et les transferts de compétences ont été votés à l’unanimité par les
élus du Congrès. Nous avons, comme on dit, une belle fenêtre de tir pour entamer,
dès à présent les discussions sur l’après-Accord. Je rappelle que la solution
consensuelle imaginée en 1991 par Jacques Lafleur n’a abouti qu’avec l’Accord
de Nouméa, sept ans plus tard en 1998.
Je
vois donc pour ma part mille raisons d’ouvrir les négociations de sortie de
l’Accord de Nouméa dès aujourd’hui. Je ne vois, en revanche, aucune raison
recevable pour les différer jusqu’en 2014.
Alors que je reviens de
Paris, où j’ai eu des entretiens à l’Elysée, au ministère de l’Outre Mer, à
l’Assemblée et au Sénat, sur les bancs de la majorité comme sur ceux de
l’opposition, je ne comprends toujours pas la position du président du
gouvernement qui, auprès de ces interlocuteurs, a fait valoir qu’aucune
discussion ne devait démarrer avant les élections provinciales de 2014.
Et, je ne comprends
toujours pas que le président du gouvernement conteste le Président de
« Je veux dire à tous les Calédoniens qui nous
écoutent qu'il faut que, bien avant 2014, s'ouvrent des discussions pour que la
consultation prévue par l'Accord de Nouméa se traduise par un résultat approuvé
par une très large majorité des électeurs ».
Il
existe un état d’esprit entre les signataires, un lien fort entre les garants
de la paix : c’est d’ailleurs probablement une des raisons que font que
les signataires, je le constate aujourd’hui, sont tous d’accord pour entamer
des discussions sur la sortie de l’accord de Nouméa.
Ils
sont en outre également d’accord pour sortir du processus de l’accord de Nouméa
dès 2014. Et quand je dis tous d’accord, je veux bien dire tous les signataires
avec qui je me suis entretenu bien évidemment, y compris l’Etat par la voix du
haut-commissaire, et par celle incontestable du Président de
S’ils
portent la responsabilité historique de l’Accord, il incombe aussi aux
signataires de ne pas laisser les Calédoniens dans le flou, et leur montrer la
voie d’une sortie pérenne.
Vingt
ans après les accords de Matignon, dix ans après la signature de l’Accord de
Nouméa, les Calédoniens veulent aujourd’hui être fixés durablement et
sereinement sur leur avenir. Prolonger la période d’incertitude c’est prolonger
l’hypothèque pour une génération de plus, entamer la confiance, pénaliser
l’investissement et freiner les projets d’avenir.
Je
vois les discussions qui devront s’ouvrir dès après le prochain comité des
signataires en deux temps.
Il
s’agira dans une première phase de faire un tour d’horizon de ce qui a été fait
ailleurs ou des expériences en cours, autant d’exemples qui pourront nous être
utiles, car sur le plan juridique, on le sait bien, rien n’est jamais simple.
Une
fois ce travail réalisé, il s’agira de
conduire les négociations à proprement dit avec notre partenaire local. Ces
deux phases devront se dérouler d’ici 2014.
Je
n’oublie pas, dans la perspective de ces négociations, qu’un accord pérenne
nécessite aussi l’aval du troisième partenaire qu’est l’Etat.
Nous
devrons bien évidemment savoir ce que veut l’Etat pour
Il
y a quelques jours, le Haut-commissaire faisait part de son optimisme en soulignant
qu’ « il n’y a pas d’autre voie que le dialogue et la recherche d’une
solution.»
Je
partage, bien sûr, cet enthousiasme. Mais rien de tout cela ne pourra se faire
sans des hommes et des femmes de volonté pour qu’un chemin commun soit trouvé,
pour qu’une solution définitive soit élaborée et que l’on sorte du clivage
indépendance-non indépendance pour bâtir un vrai projet de société commun.
J’ai
appris que rien n’est irréparable en politique, qu’il faut guérir les maux, ne
jamais les venger et constamment proposer, discuter et trouver des voies
médianes acceptables par tous.
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